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le blog-note de François Zocchetto

Journée parlementaire du Centre

12 Octobre 2011 , Rédigé par Permanence François Zocchetto

Fz journée parlementaire 2

 cliquez sur l'image pour visionner l'intégralité du discours (minute 130)

 

Discours de François Zocchetto, Président du Groupe Union Centriste et Républicain,

Journée parlementaire du 10 octobre 2011

 

« Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président,

Messieurs les députés,

Mes chers collègues,

 

Nous devons, de toutes urgences, tirer les enseignements de ce qui s’est passé au Sénat le 25 septembre dernier pour que ce ne soit pas un avant goût de bien plus amères et graves revers. Pour pleinement tirer les enseignements qui s’imposent, nous devons être capables de prendre du recul, d’analyser le phénomène et, le cas échéant, de nous remettre en question.

Alors, que s’est-il passé lors du dernier renouvellement sénatorial ? Une poussée de la gauche. Mais, il ne faut pas se voiler la face, cette poussée ne vient pas du néant. Elle peut s’analyser et se comprendre à deux niveaux : au niveau local et au niveau national.

Si l’on part du niveau local, les causes du dernier scrutin sénatorial sont claires. C’est le résultat, d’une part, des défaites successives de la majorité présidentielles aux élections locales (c’est l’aspect arithmétique du phénomène) mais aussi, d’autres part, d’un ras-le-bol des élus locaux, si ce n’est d’une sorte de fronde, qui ont particulièrement mal vécu les dernières réformes de décentralisation (suppression de la TP et conseiller  territorial).

Mais, si on analyse au regard de la situation nationale, difficile de ne pas voir le dernier scrutin sénatorial l’expression d’un malaise croissant de nos concitoyens. Et c’est peut-être cela, compte tenu des échéances à venir, qui est plus préoccupant ;

Le malaise national qui s’est exprimé se comprend très bien. Ici, nous partageons tous le même constat : la situation économique et sociale du Pays et de la zone euro est extrêmement préoccupante.

En ce qui concerne la France, il n’est jamais mauvais de rappeler quelques chiffres. La dette française s’établit à 1591 milliards d’euros. Autrement dit, chaque année, l’Etat vit à crédit de septembre à décembre. La croissance est atone : la plupart des économistes la situent autour d’1,2 % du PIB pour 2011 et 2012. Au troisième trimestre 2011, elle serait de 0,3 % pour devenir nulle au quatrième. Depuis la crise de 2008, le chômage a monté en flèche. En trois ans, il est passé de 7,55 % de la population active à 9,2%. Soit son niveau de 2006. Notre compétitivité ne cesse de se dégrader : en témoigne les 75 milliards d’euros de déficit commerciale qui ne cesse de s’enfoncer dans le rouge. Ce qui accélère la désindustrialisation de notre économie.

Sur le plan européen la situation continue évidemment d’être extrêmement tendue. La crise grecque n’est pas réglée et le risque demeure systémique.

La crise du marché interbancaire de 2008 avait été au principe de la récession de l’année 2009. Si le choc a pu être limité grâce à une intervention vigoureuse de l’Etat en faveur du renforcement des garanties bancaires, nous ne sommes pas certains de pouvoir le refaire une deuxième fois.

En effet, la crise des dettes souveraines contraint fortement nos marges de manœuvres budgétaires tout en exposant le bilan de nos banques au risque de défaut des Etats dont les dettes sont attaquées.

DEXIA aura été la première victime de la chute des valeurs bancaires de l’été dernier. Le démantèlement de la banque franco-belge ne doit pas inaugurer une série de faillites dans un secteur aussi fondamental pour la survie de l’économie.

Tous les ingrédients d’une situation explosive sont réunis. La première déflagration risque d’être politique avec deux conséquences : non seulement ce que l’on vient de voir au Sénat, la poussée de la gauche, mais également celle des extrêmes.

Alors, une fois ce triste constat établi, pour faire face à une telle situation, que proposons-nous ?

Il faut évidemment répondre au malaise local. La décentralisation est perçue comme à la fois trop compliquée, dépourvue des moyens de sas ambitions et inachevée. Il faut donc continuer de simplifier. C’est tout l’enjeu de l’intercommunalité. Mais alors il faut simplifier vraiment. Le conseiller territorial est-il une simplification ? Je pose la question. De même, il faut impérativement donner aux collectivités les moyens réels d’assumer les charges qu’on leur transfert. Enfin, nous pensons qu’il faut aller plus loin dans la décentralisation par l’extension du champ de l’expérimentation.

Sur le plan national, Monsieur le Premier Ministre, de lourdes réformes ont déjà été engagées par votre Gouvernement. Telles que la RGPP ou la réforme des retraites. Nous n’avons pas d’autres choix que de faire ce que vous avez annoncé depuis au moins un an : maintenir, coûte que coûte, le cap des réformes. C’est ce que nous nous engageons à faire.

Nous pensons qu’il faut même aller plus loin.

Nous devons restaurer la compétitivité de nos entreprises. Pour cela, il nous faut simplifier leur environnement réglementaire et revoir l’architecture de nos prélèvements obligatoires. Ce dernier chantier est énorme, mais inévitable. Plus précisément, le financement de la protection sociale pèse sur le coût du travail. Comme le propose, par exemple Jean Arthuis, nous devons être capable de fiscaliser intégralement les branches santé et famille, qui couvrent les risques de solidarité, et non spécifiquement assurantiels. Une telle fiscalisation du financement de la protection sociale pourrait, au moins pour partie, aussi permettre le financement du cinquième risque dépendance. Quelle fiscalité exactement ? TVA, CSG, panachage, tout est ouvert. Mais c’est la seule solution pour restaurer notre compétitivité en diminuant le coût du travail en France sans entamer le pouvoir d’achat des travailleurs.

Tout ceci suppose évidemment de tenir un discours de vérité. Ce qui peut faire peur en période électorale. Mais nous pensons que ce discours peut être compris par nos concitoyens. L’expérience d’un certains de nos candidats aux sénatoriales vient de le prouver.

L’ensemble des ces propositions ainsi que ce positionnement politique, c’est exactement ce que porte le centre depuis toujours.

Aussi, plus que jamais, nous pensons que le Gouvernement et la France ont besoin d’un centre fort.

Le Gouvernement a besoin d’un partenaire solide pour l’appuyer et l’accompagner dans le maintien et l’approfondissement des réformes. Monsieur le Premier Ministre, nous vous réaffirmons aujourd’hui notre loyauté. Mais nous rappelons notre expression libre, notre vote indépendant.

De même, les Français ont besoin d’une offre politique diverse, où les valeurs du centrisme soient clairement incarnées. C’est d’ailleurs aussi l’un des messages et enseignement à tirer du dernier renouvellement sénatorial. Le groupe Union Centriste et Républicaine est l’autre groupe qui a vu ses effectifs croître au Sénat …

Besoin d’un centre fort, c’est besoin de centre réuni et indépendant. Cette réunion des centres, c’est ce que nous sommes enfin parvenus à réaliser au Sénat. Le creuset, nous l’espérons, d’une véritable réunion  des centres à l’échelon national. L’indépendance, nous devons la conserver. Particulièrement au Sénat.

Par-delà le Sénat, mes chers collègues, si la période est difficile, elle peut également être celle du renouveau centriste. Tous ensemble, travaillons-y. »

  

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