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le blog-note de François Zocchetto

Nous ne pouvions pas nous satisfaire d'un Grexit de lassitude. Nous avons besoin d'une nouvelle gouvernance de la zone euro

15 Juillet 2015 , Rédigé par Permanence François Zocchetto

Je suis intervenu ce jour à l’occasion de la déclaration du Gouvernement sur le règlement de la crise grecque. Le groupe UDI-UC se félicite de la conclusion de cet accord. Nous ne pouvions pas nous satisfaire d’un « Grexit de lassitude ». Nous ne pouvions pas non plus lâcher des dizaines de milliards d’euros d’argent public par-dessus l’épaule du contribuable sans perspectives de redressement durable pour la Grèce. Parce qu’ils croient et veulent construire l’Europe de demain, une Europe solidaire mais exigeante, les sénateurs centristes ont voté en faveur de la validation de cet accord.

Je regrette le temps perdu depuis la révélation, en décembre 2009, du trucage des comptes publics grecs : six années de réformes inabouties et de souffrances pour les Grecs. Tout cela pour aboutir à une conclusion écrite d’avance : la Grèce, pour rester dans la zone euro, doit se mettre en conformité avec les exigences imposées par la monnaie unique ».

La Grèce doit se réformer pour construire son avenir et rétablir la confiance. Cela passe par la restauration de l’autorité de l’État grec, une réforme fiscale, la lutte contre la corruption et contre la fraude, le démantèlement des oligopoles, l’instauration d’un cadastre et la soumission de tous à l’impôt, armateurs et église orthodoxe compris.

Je ne songe pas seulement à des efforts financiers mais à un véritable et profond changement d’attitude et des mentalités des Grecs pour construire un État fort. La Grèce ne peut plus jouer au passager clandestin de la construction européenne.

Au lendemain du 14 juillet, c’est avec tristesse que j'ai déclaré me sentir plus en phase avec l’approche allemande de la solidarité, qu’avec celle de notre gouvernement. Du coté français, nous étions prêts à lâcher à nouveau des flots d’argent public pour éteindre un incendie qui aurait fatalement repris tôt ou tard. Coté allemand, il s’agissait d’abord de jeter les bases d’une croissance saine en Grèce, à laquelle nous associerons un nécessaire rééchelonnement de la dette grecque.

J'ai ainsi alerté le Gouvernement sur la situation de la France : la dette par habitant en France est de 31 000 euros et de 29 000 euros en Grèce. Un pays n’est pas souverain quand il est surendetté. Notre addiction à la dépense nous condamne à terme à un sort comparable à celui de la Grèce. J'ai rappelé les réformes que les centristes appellent de leurs vœux : une réforme fiscale, la flexibilité du marché du travail, la réforme de la retraite à points, la réforme des statuts de la fonction publique et l’allègement des normes.

La leçon est claire : Une monnaie orpheline d’État et de dimension politique n’existe pas. L’euro doit être soutenu par un véritable gouvernement économique. Il faut lui donner du corps et un visage. Nous avons besoin d’une nouvelle gouvernance de la zone euro pour assurer la convergence de nos politiques publiques. Nous avons besoin d’un sursaut démocratique et fédéral en instaurant un responsable européen de l’euro qui détiendrait l’autorité suffisante pour imposer le respect de la règle commune.

La France a son rôle à jouer. Notre devoir est de rajouter une nouvelle pierre à l’édifice européen. Nous ne pouvons laisser la zone euro sans clé de voute.

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